Découvrez le 4ème investissement d’Helios : Olatein

Les investissements Helios ont fait un bond cet été puisque ce sont 6 millions d’euros qui ont été investis dans des projets en faveur de la transition écologique ! Parmi les projets sélectionnés, nous vous présentons Olatein, qui vise à développer une alternative à la production de protéines animales.

September 14, 2022 · 5 min de lecture

Un nouveau projet soutenu par Helios : Olatein

Crédit photo : olatein.com

Crédit photo : olatein.com

Olatein est le résultat d’un partenariat entre DSM (entreprise néerlandaise du secteur de la nutrition) et Avril, acteur français industriel et financier des filières des huiles et protéines végétales. Ce dernier a lancé un programme de recherche, développement et innovation qui vise à développer : 

  • La production de protéines à partir d’oléagineux pour nourrir les hommes et le bétail;
  • La production de matériaux bio sourcés pour en faire des usages chimiques 

On vous en dit plus sur ce projet.

La problématique des protéines animales

La production des protéines animales est aujourd’hui au coeur des débats écologiques pour plusieurs raisons  : 

  • 14,5% des émissions de GES (gaz à effet de serre) sont dues à l'élevage de bétail
  • L’élevage consomme énormément d’eau, en comparaison des besoins des terres végétales
Ce que la production de 100 grammes de différentes protéines émet comme CO2. Source : bonpote.com

Ce que la production de 100 grammes de différentes protéines émet comme CO2. Source : bonpote.com

Pourtant, le bétail ne permet aujourd’hui de fournir que 17% du besoin en calories à l’échelle mondiale. Un chiffre qui risque de baisser à l’avenir en raison d’une urbanisation croissante - donc d’une diminution des surfaces disponibles - et d'une population mondiale plus nombreuse à alimenter.

Au-delà de la question de la souffrance animale, l’un des gestes les plus efficaces à l’échelle individuelle pour limiter son empreinte carbone est de diminuer sa consommation de viande. Voilà pourquoi on observe une demande croissante de l’alimentation végétale sur le marché.

Les recherches d’Avril permettent, dans ce contexte, de proposer une solution à ces problématiques grâce à une nouvelle alternative de protéines végétales.

Une nouvelle alternative végétale pour l’alimentation humaine 

Alors que le marché de l’alimentation végétale est en hausse avec des produits à base de soja (entre autres), le colza ne faisait pas encore partie des protéines commercialisées pour une consommation humaine. Elles étaient jusqu’alors principalement destinées à l’alimentation animale (bovins, ovins, porcins). Et pour cause, le colza offre des qualités nutritionnelles à prix intéressant.

Grâce à un procédé de trituration spécifique (c'est à dire une opération de broyage par friction), le colza peut désormais être consommé par l’Homme et se présente alors comme une nouvelle alternative végétale pouvant remplacer la viande, la farine ou les produits laitiers standards. Cette offre supplémentaire pour limiter la consommation de protéines animales est, de plus, compatible avec les régimes sans gluten. 

La solution : Olatein 

Avril est un groupe français qui, avec la BEI (Banque Européenne d'Investissement), a financé des projets innovants dans les domaines de la protéine et de la chimie végétales. Le groupe s’occupe de la production et de la commercialisation de protéines de colza non-OGM essentiellement d'origine française. Ces protéines seront proposées sous forme de poudre auprès de l’industrie alimentaire : « Ce sera la première fois qu’une protéine de colza pure sera mise à la disposition des compagnies alimentaires comme ingrédient pour l’alimentation humaine », a déclaré à l’AFP Paul-Joël Derian, directeur Innovation et RSE du groupe Avril et président de Prolein.

C’est à Dieppe (Sainte-Maritime) qu’Avril a ouvert son unité de préparation et de pressage de graines de colza.

L'usine d'Avril située à Dieppe (76). Crédit photo : paris-normandie.fr

L'usine d'Avril située à Dieppe (76). Crédit photo : paris-normandie.fr

Grâce à cette technologie, ce nouveau type de protéines à base de plantes oléagineuses (appelée Canola PRO®) permettrait de répondre à la demande croissante en protéines tout en ayant une production responsable : empreinte carbone minimale et peu de déchets générés. 

Comment ça marche ? 

C’est d’abord Prolein, l’unité de production qui va produire la matière première destinée à Olatein. Pour obtenir cette matière première, les graines de colza seront pressées pour les transformer en huile et en tourteaux. Une partie de ces tourteaux de colza obtenus seront fournis à Olatein qui sera alors chargé d’extraire la protéine de colza selon un procédé breveté mis au point par DSM.

Graines de colza (crédit photo ©aneriksson)

Graines de colza (crédit photo ©aneriksson)

Les protéines de colza dans leur forme finale pourront alors être intégrées à des préparations de tout type puisqu’elles sont solubles à tous les PH : imitations végétales de viande, boissons protéinées et autres produits laitiers vegan.

Pour aller encore plus loin, grâce à une installation de traitement des eaux usées sur le site de production, la matière organique présente dans ces eaux sera convertie en biogaz, puis utilisée comme source d’énergie renouvelable.

Un projet qui grandit depuis 2020

Le lancement de ce projet a été annoncé début d’été 2020 par Avril pour une mise en production des unités début 2022. Un ancien site industriel a été réhabilité et sécurisé pour la mise en fonctionnement de ce projet. Au total, la création d’Olatein en Normandie a permis la création d’une trentaine d’emplois dans la région.

Pourquoi nous avons choisi de soutenir ce projet

En créant une nouvelle alternative à la viande, Olatein participe à la réduction des émissions de CO2,  de méthane ainsi qu’à la réduction de la surface arable (cultivables, transformés en champs et monocultures) nécessaire à la production de protéines, comparé à l’élevage classique - un des secteurs les plus polluants au monde.

De par sa mission, Olatein se place en promoteur du végétarisme et véganisme. Aujourd’hui, nous savons que passer à une alimentation végétale est l'un des gestes du quotidien au plus grand impact. En effet, passer à un régime végétarien permet de réduire ses émissions annuelles de CO2 de 1,12 tonnes (Source : Carbone 4) : un changement à l’impact immense !

Ce financement est le quatrième d’une suite de projets financés dans le cadre des 6 premiers millions d’euros investis dans la transition énergétique par Helios. Cet investissement d’envergure est possible grâce aux millions d’euros déposés chez Helios pour lutter contre le changement climatique et la pollution de nos écosystèmes.

Nous vous donnons donc bientôt rendez-vous pour découvrir les prochains projets financés !

Le billet vert à quoi ça sert ? Nous sommes convaincus qu'il faut changer les règles de la banque pour financer un monde plus durable. C’est ce qu’on travaille à faire chaque jour chez Helios. Mais comment faire pour s'y retrouver dans une industrie aussi opaque ? Nous voulons lever le voile sur le fonctionnement de la banque, pour former une nouvelle génération d'épargnant acteurs. Prêts à changer ensemble, les règles de la banque ?

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