Helios soutient le projet Montpellier Assainissement

Découvrez ce nouveau financement que nous avons réalisé dans le cadre des 6 millions d’euros investis dans la transition écologique.  Après le recyclage du plastique ou encore la production de protéines végétales, Helios soutient le développement du secteur de l’assainissement de l’eau dans le sud de la France, en participant au financement de la modernisation de la station d’épuration Maera.

September 21, 2022 · 5 min de lecture

Les eaux usées : aussi dangereuses que cruciales

Redoutable poison tant qu’elles n’ont pas été traitées, les eaux usées sont un précieux remède au stress hydrique (autrement dit, à la rareté toujours croissante de l’eau potable) dès lors qu’on sait les recycler. Or, aujourd’hui, seuls 2% des eaux collectées et traitées chaque année sont réutilisés.

Les eaux usées domestiques (celles qui passent par les canalisations de nos immeubles et maisons suites à nos douches, vaisselles…) sont chargées de matières organiques biodégradables et de phosphore. Malheureusement, la présence de ces éléments dans des eaux que l’on rejette dans les milieux naturels a deux conséquences néfastes pour la biodiversité :

  • L’eutrophisation : au contact de l’air, les matières organiques consomment de l’oxygène qui n’est alors plus disponible pour la faune et la flore des milieux aquatiques. Le phosphore quant à lui, favorise la prolifération de végétaux aquatiques néfastes (ex : les algues vertes en Bretagne). 
  • La transmission d’agents pathogènes (comme des bactéries et des virus capables de causer des maladies), véhiculés par les matières organiques présentes dans ces eaux.

Si nous regardons du côté des eaux usées industrielles, celles qui sortent de nos usines, le constat n’est pas meilleur car elles contiennent des métaux, des solvants et même parfois des hydrocarbures. En d’autres mots, elles sont très fortement toxiques. Alors en attendant que nos modes de vie et de production soient moins nocifs pour la qualité des eaux, la bonne nouvelle c’est que nous pouvons quand même limiter les effets nocifs de ces eaux, et même les nettoyer pour être capable de les réutiliser.

L’assainissement des eaux, un sujet plus que jamais d’actualité 

À la une de la presse, des journaux télévisés ou au centre d’un épisode de votre podcast préféré, vous avez sans doute entendu parler d’eau cet été. Les Français ont vu leurs inquiétudes liées au climat confirmées lorsque les températures caniculaires de ces deux derniers mois ont entraîné des situations de pénurie d’eau potable dans une centaine de communes du pays.

La France face à la sécheresse, été 2022 - source : ouest-france.fr

La France face à la sécheresse, été 2022 - source : ouest-france.fr

L’insuffisance de la ressource en eau pour satisfaire la demande apparaît comme un problème à deux réponses, qu’il faut probablement combiner.

  • La première consiste à atténuer la demande, en changeant nos habitudes de consommation. Si vous vous demandez comment adapter vos comportements quotidiens, le Centre d’Information sur l’Eau est là pour vous informer sur les bonnes pratiques à adopter.
  • La deuxième réponse est de trouver de nouvelles façons durables de disposer d’eau potable (en bref, la recycler). La France est aujourd’hui loin d’être exemplaire en matière de réutilisation des eaux usées puisque seuls 0,6% de l’eau de son réseau sont recyclés, alors qu’Israël et l’Italie affiche respectivement des scores de 91% et 14%.

Il est temps de mettre en place des initiatives pour relever ce défi majeur. Zoom sur la station Maera, qui collecte et traite les eaux usées d’une vingtaine de communes dans la région de Montpellier.

Montpellier Assainissement : le projet de rénovation de la station d’épuration Maera

Carte des stations d'épuration de la région de Montpellier - source : montpellier3m.fr

Carte des stations d'épuration de la région de Montpellier - source : montpellier3m.fr

Située à Lattes, à moins de 10 km de Montpellier, la station d’épuration Maera est en service depuis 2005. Après plus de quinze années de fonctionnement, il est nécessaire de la rénover. Il ne s’agit pas simplement de la remettre dans son état initial, mais bien de lui permettre de continuer à faire son travail - c’est-à-dire l’assainissement des eaux usées de la région avant leur rejet dans les cours d’eau et leur réutilisation - dans une région qui subit de plein fouet de nombreux aléas naturels.

Les changements climatiques et démographiques ne sont pas sans conséquences sur la gestion d’un site qui traite les eaux usées de presque un demi-million de personnes. Les épisodes de fortes pluies, pour ne citer qu’un exemple, ont dévoilé que la station avait atteint ses limites. Les riverains ont du mal à supporter les débordements et la pollution issus de cette activité. La résolution des ces problèmes récurrents mais aussi l’adaptation des capacités de la station à l’essor démographique prévu d’ici 2040 font de cette modernisation une nécessité.

Des travaux qui vont plus loin 

L’objectif de cette rénovation, n’est pas seulement de régler la perte d’étanchéité et le sous-dimensionnement de la station qui l’empêchaient de remplir correctement son rôle initial. C’est aussi de lui donner les moyens de contribuer au mieux à la transition écologique dans la région.

Une station d’épuration à énergie positive

Maera. Crédit photo : midilibre.fr

Maera. Crédit photo : midilibre.fr

En améliorant la maîtrise et la valorisation énergétique sur l’ensemble du site, le projet vise à faire de Maera une station d’épuration à énergie positive. Concrètement, il s’agit de faire en sorte que cette dernière produise plus d’énergie qu’elle n’en consomme. Pour atteindre un tel résultat, l’idée est de produire de l’électricité et du gaz à partir du biogaz issu de la méthanisation des boues. Cela permettra de diminuer la dépendance de l’ensemble de la métropole aux énergies fossiles.

Recycler les eaux usées

Grâce à cette rénovation, une part des eaux usées pourra être recyclée et réutilisée pour l’irrigation des cultures et l’arrosage des espaces verts, ou encore le nettoyage des rues dans les villes et villages alentour.

Ce que les eaux usées ont à nous raconter

Les eaux usées sont une véritable source d’informations sur les modes de vie et la santé d’une population. En analysant des échantillons prélevés dans différentes villes, on peut savoir quelles drogues et médicaments leurs habitants prennent, mais aussi, à quels produits chimiques industriels ils sont exposés.

On peut également détecter la présence d’un virus et l'évolution d’une épidémie en observant les eaux sales. Ces dernières ont été particulièrement utilisées à Madrid lorsque l’épidémie de Covid-19 était à son paradigme, et que les Madrilènes étaient contraints de rester enfermés chez eux. La capitale espagnole avait mis en place un système de déconfinement par quartier et les autorisations reposaient en partie sur l’étude des eaux usées dans chacun de ces quartiers.

Pourquoi nous avons choisi de soutenir ce projet

L’assainissement des eaux dans la métropole de Montpellier est un rouage parmi tant d’autres du cycle de l’eau à l’échelle planétaire. Mais garantir un traitement efficace des eaux usées dans une région française a des répercussions sur un ensemble plus vaste que la métropole.

Les eaux qui émanent de nos maisons et de nos entreprises, tout comme celles qui ruissellent le long de nos routes bétonnées doivent impérativement être traitées avant d’être réemployées ou rejetées dans les milieux aquatiques. Ne pas se soucier de la qualité des eaux qui finissent par alimenter les étangs, la mer, et les cours d’eau, c’est mettre en danger toute la faune et la flore qui y vivent.

Ce financement est le troisième d’une suite de projets financés dans le cadre des 6 premiers millions d’euros investis dans la transition énergétique par Helios. Cet investissement d’envergure est possible grâce aux millions d’euros déposés chez Helios pour lutter contre le changement climatique et la pollution de nos écosystèmes.

Nous vous donnons donc bientôt rendez-vous pour découvrir les prochains projets financés !

Le billet vert à quoi ça sert ? Nous sommes convaincus qu'il faut changer les règles de la banque pour financer un monde plus durable. C’est ce qu’on travaille à faire chaque jour chez Helios. Mais comment faire pour s'y retrouver dans une industrie aussi opaque ? Nous voulons lever le voile sur le fonctionnement de la banque, pour former une nouvelle génération d'épargnant acteurs. Prêts à changer ensemble, les règles de la banque ?

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