Les enjeux du gaspillage alimentaire et comment y faire face

A l’échelle mondiale, 1⁄3 des aliments produits sont gaspillés ou jetés chaque année d’après la FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation. C’est assez colossal. Mais ce n’est pas le résultat d’un seul acteur puisque dans la chaîne alimentaire, chaque partie prenante a un rôle à jouer. Les aliments gaspillés présentent en plus une double problématique : alimentaire et environnementale.

November 08, 2022 · 3 min de lecture

Voici quelques clés pour comprendre ce qu’est le gaspillage alimentaire et comment le limiter.

Qu’est-ce que le gaspillage alimentaire et quels sont les enjeux ?

Le gaspillage alimentaire est “toute nourriture destinée à la consommation humaine qui, à une étape de la chaîne alimentaire, est perdue, jetée, dégradée” d’après la définition finale du Pacte national “anti-gaspi’” de 2013 adoptée par le ministère de l’agriculture. 

Cela englobe toute nourriture comestible qui a pu être perdue à l’étape de production, de transport ou même chez le consommateur. 

Il faut bien distinguer le gaspillage alimentaire des déchets alimentaires qui, eux, incluent les déchets considérés comme inévitables car non comestibles (os, coquille d'œufs, peaux de banane,etc. ). 

En France, la lutte contre le gaspillage alimentaire est accompagnée de lois pour répondre aux objectifs fixés : le réduire de 50% d’ici 2025 aux étapes de distribution alimentaire et restauration collective, et le réduire de 50% d’ici 2030 pour les secteurs de la consommation, production, transformation et restauration commerciale. Des objectifs ambitieux mais nécessaires quand on sait que 20% de la nourriture produite est jetée chaque année en France. Cela équivaut à 150 kg de produits alimentaires gaspillés par personne et par an (tout au long de la chaîne alimentaire). 

Principaux responsables et principales causes du gaspillage alimentaire 

En France, le gaspillage alimentaire représente 10 millions de tonnes de déchets alimentaires. Et il peut être issu de n’importe quelle étape de la chaîne alimentaire. Cela veut dire que ce n’est pas toujours la faute du consommateur final mais qu’il peut résulter d’autres acteurs. 

Voici la part de chaque étape d’après l’ADEME : 

  • La production, pour 32%. Cela peut être causé par des mauvaises récoltes (mauvaises conditions climatiques, méthode non adaptée…) mais aussi par des normes de qualité et d’apparence non respectées (fruits ou légumes trop petits, peu communs) qui empêchent la mise en vente des produits hors calibre.
Légumes moches

"Légumes moches" - Crédit photo : Phenix.com

  • La transformation, pour 21%. Si les produits sont trop proches de la date de péremption, s'ils ont subi une rupture de chaîne du froid, s'il y a eu une erreur dans la recette, alors les produits sont perdus. 
  • La distribution, pour 14%. Cela concerne les problématiques liées au transport des produits du lieu de production jusqu’au lieu de vente. Ils peuvent alors subir une rupture de la chaîne du froid ou être détériorés au point de devenir impropres à la consommation. 
  • La consommation, pour 33%. Cela regroupe les produits jetés par les consommateurs mais aussi par les commerçants. Cela peut être des produits périmés, abîmés, des restes de repas non consommés. Pour les commerçants, cela peut aussi être lié à une mauvaise gestion des stocks (difficulté à prévoir la quantité juste sans savoir le nombre de clients). Chaque année, un français jette en moyenne entre 20 et 30kg de produits alimentaires dont 7 kg sont encore emballés !

Pour répondre aux objectifs fixés en France, des efforts sont faisables et nécessaires à chacune de ces étapes.

Conséquences du gaspillage alimentaire 

Au-delà de la perte que cela représente, le gaspillage alimentaire a un vrai impact sur l’environnement. Car avant d’arriver dans nos assiettes, les produits alimentaires sont cultivés, parfois transformés, conditionnés et distribués. Finalement, chaque étape représente des émissions de CO2 “inutiles”, soit un véritable frein à la lutte contre le réchauffement climatique. 

Un facteur polluant non négligeable car “si le gaspillage alimentaire était un pays, il serait le 3ème plus gros émetteur de gaz à effet de serre au monde, derrière les Etats-Unis et la Chine”. 

L’impact environnemental du gaspillage alimentaire est alors lié à toute l’énergie déployée tout au long de la chaîne alimentaire. On pense alors beaucoup au gaspillage des ressources naturelles (eau, espaces agricoles). 

Selon la FAO, 30% des espaces agricoles mondiaux et 250 km3 de volume d’eau sont utilisés chaque année pour de la nourriture qui sera jetée ou gaspillée. Des chiffres d’autant plus préoccupants alors que les ressources mises à notre disposition ne sont pas inépuisables : limiter le gaspillage alimentaire pour les préserver et les économiser est essentiel. 

Ainsi, le gaspillage alimentaire aurait une empreinte carbone annuelle d’environ 15 millions de tonnes éqCO2eq/an en France.

Champ de salades

Champs avec culture de salades

Comment lutter contre le gaspillage alimentaire chez soi ? 

Compte tenu de l’envergure du gaspillage alimentaire et de son impact, il est indispensable de trouver des solutions pour l’éviter.

Individuellement, chaque citoyen peut déjà appliquer quelques astuces faciles pour réduire, à son échelle, le gaspillage alimentaire. Les gestes peuvent intervenir au moment des courses comme à celui de la cuisine, en passant par le rangement. 

Voici quelques exemples d’astuces anti-gaspi pour chez soi : 

  1. Faire une liste de courses. C’est facile, ça prend 5 minutes et pourtant, ça permet de n’acheter que le nécessaire et les quantités justes au magasin. Il suffit de faire le tour de ses placards, noter les produits manquants et savoir combien de repas devront être préparés sur la période souhaitée. 
  2. Acheter local et de saison. Pour privilégier les cultures plus responsables. 
  3. Bien ranger son frigo. En plaçant par exemple les produits à consommer en priorité au premier rang et en rangeant tous les aliments à une place optimale du frigo pour une conservation optimale. 
  4. Regarder les dates de consommation. Privilégier les dates longues pour éviter que les produits ne périment trop vite. Il faut également différencier la DLC (Date Limite de Consommation) et la DLUO (Date Limite d’Utilisation Optimale).
  5. Oser les fruits et légumes moches. Ce n’est pas parce qu’ils ne correspondent pas aux normes de qualité et d’apparence qu’ils ne sont pas aussi bons que les autres !
  6. Cuisiner en quantité juste ou cuisiner les restes s’il y en a. Se référer aux doses recommandées pour éviter de préparer des trop grosses quantités. S’il y a des restes, pensez alors aux quiches ou aux salades qui peuvent (souvent)  tout mélanger ! 
  7. “Rien ne se perd, tout se transforme !”. Avec ce dicton on pense notamment au marc de café pour créer un exfoliant ou les coquilles d'œufs pour repousser les rampants et prendre soin de ses plantes. 
  8. Lutter contre le gaspillage, aussi au restaurant. Et oui, si vous êtes à l’extérieur, n’hésitez pas à penser au doggy bag ! C’est une obligation pour tous les établissements proposant le service de consommation sur place depuis le 1er juillet 2021.
Panier anti-gaspi Phenix

Panier anti-gaspi Phenix - Crédit photo : phenix.com

Il existe également des initiatives associatives comme celle de Disco Soup. Créée à Paris en 2012, l’association sensibilise et lutte contre le gaspillage alimentaire grâce à la rencontre de citoyens qui épluchent et cuisinent les légumes invendus, en la proposant ensuite sous forme de soupe.

La lutte contre le gaspillage alimentaire est un défi planétaire et chaque année, le 29 septembre, une journée internationale instaurée par l’Organisation des Nations Unies (ONU) rappelle son importance. C’est un véritable levier d’action contre le changement climatique

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